Dans le Paris du Second Empire, au cœur d’un monde où les artistes et intellectuels se côtoient dans les salons littéraires, Apollonie Sabatier brille par son esprit et son indépendance. Femme libre et cultivée, elle est l’une des muses les plus en vue de son époque, admirée tant pour sa beauté que pour son intelligence. Pourtant, derrière cette image de femme émancipée, elle porte le poids d’un souvenir douloureux : sa représentation dans la sculpture sulfureuse La Femme piquée par un serpent, réalisée par Auguste Clésinger à la demande de son amant, Alfred Mosselman. Cette œuvre, qui choque autant qu’elle fascine, reste une cicatrice ouverte dans sa vie, un symbole de l’emprise que les hommes exercent sur elle, malgré son désir d’émancipation.
C’est dans ce contexte que Charles Baudelaire entre dans son existence. Fasciné par Apollonie, il l’idéalise au point de la sacraliser, la surnommant sa « déesse ». Pendant cinq ans, il lui adresse des poèmes empreints d’admiration et de désir contenu, la plaçant sur un piédestal inaccessible. Parmi ces poèmes, dix lui sont directement dédiés dans Les Fleurs du mal, recueil qui vaudra à Baudelaire un procès pour outrage à la morale publique. Mais sous cette adoration mystique, Baudelaire est hanté par ses propres tourments : la misère, la maladie, la solitude, et une vision de l’amour faite d’exaltation et de destruction.
Apollonie, qui préside un salon littéraire où se retrouvent les plus grands esprits de l’époque, dont Théophile Gautier, observe avec amusement et tendresse cette dévotion, tout en restant distante. Elle sait que Baudelaire est un être tourmenté, instable, incapable d’un amour paisible. Pourtant, après le scandale du procès des Fleurs du mal, elle cède enfin à ses avances et partage avec lui une nuit d’amour. Mais loin de sceller leur union, cet instant marque le début de la fin. Loin de la divinité qu’il avait idéalisée, Baudelaire voit en Apollonie une femme réelle, charnelle, et cette réalité le dérange. Il se détourne d’elle, incapable d’aimer autrement que dans le fantasme.
Apollonie, elle, refuse d’être enfermée dans une relation qui l’étouffe. Brillante et libre, elle ne se laisse pas consumer par le désenchantement de Baudelaire. Confiante en son pouvoir de séduction et en son indépendance, elle continue d’exister par elle-même, échappant au destin tragique que Baudelaire semblait vouloir lui imposer.
Comediens :
Roxane LE TEXIER, dans le rôle d’Apollonie Sabatier
Luc BETTON, dans le rôle de Charles Baudelaire
Bruno BIEZUNSKI, dans le rôle de Théophile Gautier
Clara STARKIER, dans le rôle de Adèle Savatier, la soeur d’Apollonie
Alexandre TRIACA, dans le rôle d’Alfred Mosselman
APOLLONIE ET BAUDELAIRE
– STUDIO HEBERTOT –
A PARTIR DU 2 MARS 2025
les dimanches et les lundis à 19h00
Adaptation théâtrale Céline DEBAYLE et Georges-Marie ABOUT
Mise en scène Georges-Marie ABOUT
Assistante à la mise en scène Anne Turolla
Décor Jean-Marie Granghaud
Costumes Frédéric Morel
Illustration musicale Michèle Savalle
Relation presse : Pierre Cordier
