À 71 ans, il garde l’allure d’un adolescent éternel, les cheveux en bataille et la guitare en bandoulière. Louis Bertignac, l’un des derniers seigneurs du rock français, remontera sur scène le mardi 4 novembre au Palais Nikaïa de Nice pour une soirée qui s’annonce électrique, à la fois introspective et sauvage, à son image.
De Téléphone à la légende
C’est une histoire que les amateurs de rock connaissent par cœur, mais qu’ils aiment toujours entendre rejouer : celle d’un jeune homme à la silhouette effilée, guitare Gibson SG rouge entre les mains, cofondateur d’un groupe devenu mythe : Téléphone. Avec Jean-Louis Aubert, Corine Marienneau et Richard Kolinka, il a donné au rock hexagonal son cri le plus pur. “Un autre monde”, “La bombe humaine”, “New York avec toi” : trois générations ont grandi sur ces refrains. Mais quand Téléphone se sépare en 1986, Bertignac ne raccroche pas. Il trace sa propre route, souvent plus intime, parfois écorchée, toujours sincère. Elle et Louis, Longtemps, Origines, puis Dans le film de ma vie (son dernier album) témoignent de cette évolution : un rock mûri au feu de la vie, façonné par l’expérience, mais jamais domestiqué.
Le film d’une vie
Dans ce disque enregistré entre Londres, Hambourg, Nashville et Osaka, Bertignac se raconte sans fard. Les guitares claquent encore, mais les mots ont gagné en douceur et en profondeur. « J’ai voulu un album qui parle de ma route, des gens que j’ai croisés, de mes amours, de mes excès, de mes regrets aussi », confiait-il récemment. Car l’homme a tout connu : les triomphes planétaires, les dérives rock’n’roll, les renaissances. Aujourd’hui apaisé, il continue pourtant à “brûler de jouer”.
Nice, capitale d’un soir
Le Palais Nikaïa, temple azuréen des grandes émotions musicales, se prépare à accueillir près de 9 000 spectateurs pour ce rendez-vous très attendu. Les billets s’arrachent depuis des semaines. Sur scène, Bertignac promet un voyage entre mémoire et présent : les titres cultes de Téléphone y croiseront les morceaux les plus récents, dans une mise en scène sobre mais vibrante. Son “70 & des poussières Tour” est à la fois un hommage à la route parcourue et un bras d’honneur au temps qui passe. À 71 ans, il ne triche toujours pas : il joue comme on respire, avec la même sincérité brute qu’en 1977.
L’artisan du son
Chez Bertignac, la guitare n’est pas un instrument, c’est une voix parallèle. Chaque solo, chaque note semble raconter quelque chose d’intime. Ce soir-là à Nice, il retrouvera ce dialogue fusionnel entre lui et sa SG, cette même guitare complice de toutes ses époques. Ses doigts, abîmés par les années, conservent cette vélocité qu’aucun temps ne peut ternir. Il y aura sans doute ce moment suspendu, quand la lumière se tamisera et qu’il reprendra “Ces idées-là” en version acoustique. Un instant d’émotion pure, sans artifices, comme une confidence offerte à la foule.
Un rockeur authentique et libre
Louis Bertignac ne cherche plus à prouver. Il vit son art avec une humilité rare. Ses excès d’hier ont laissé place à une forme de sagesse espiègle : celle d’un homme qui a traversé le tumulte sans renier son feu intérieur. À Nice, il ne viendra pas jouer “pour rappeler”, mais “pour revivre” (nuance essentielle chez lui). Là où d’autres revisitent le passé, lui le rejoue, le réinvente. Et c’est sans doute cela, le secret de sa longévité : ne jamais tricher avec le rock, ne jamais s’en servir, mais le servir.
Un événement à ne pas manquer
Le 4 novembre, le Palais Nikaïa ne sera pas qu’une salle de concert. Il sera le théâtre d’un rituel : celui d’un artiste et de son public, unis par le même besoin d’énergie, de vérité, d’émotion. Louis Bertignac, chevalier d’un rock à fleur de peau, y livrera bien plus qu’un concert : une leçon de liberté
Louis Bertignac
Au Palais Nikaïa
Mardi 4 Novembre
