Le musicien, compositeur, chanteur et comédien Richard Bonnot s’est éteint, laissant derrière lui une trajectoire à la fois discrète et lumineuse. Né à Montceau-les-Mines, en Saône-et-Loire, il fut de ces artistes pour qui la musique relevait autant du partage que de la passion, et dont le parcours se confond avec une certaine idée de la fidélité à l’art, au rire et à la scène.
Si son nom reste indissociable du groupe Les Charlots, qu’il rejoignit en 1987 pour succéder à Gérard Rinaldi, Richard Bonnot ne se résumait pas à cette aventure. À une époque où le groupe traversait une période plus calme après son âge d’or des années 1970, il lui permit pourtant de continuer à exister, de préserver cet esprit de camaraderie et de fantaisie qui en avait fait une légende de la chanson humoristique française.
Il participa notamment au film Le Retour des Charlots (1992), réalisé par Jean Sarrus, ultime clin d’œil collectif à une bande d’amis devenue culte. À travers cette participation, Bonnot incarnait une forme de continuité, celle d’un artiste qui choisit la loyauté plutôt que la lumière des projecteurs

Avant et après Les Charlots, Richard Bonnot fut aussi professeur de musique au collège Copernic à Saint-Vallier, transmettant à ses élèves l’amour du rythme, des harmonies et de la chanson Française. Derrière le musicien, il y avait un pédagogue attentif, un homme convaincu que la culture se partage d’abord sur les bancs de l’école, loin du tumulte médiatique.
Nombreux sont ceux qui se souviennent de son rire clair, de sa bienveillance, de son exigence aussi. L’enseignement n’était pas pour lui un repli, mais une seconde scène, plus intime, où l’on formait non pas des artistes, mais des oreilles, des cœurs, des sensibilités. Auteur, compositeur et interprète, Richard Bonnot menait également des projets personnels, entre chanson, composition instrumentale et création scénique. Sa palette musicale, nourrie d’humour et d’émotion, faisait de lui un Artiste complet, à la fois musicien et conteur.
Son talent fut salué à plusieurs reprises par ses pairs, notamment par Fabienne Thibeault, qui voyait en lui « un très bon chanteur, un très bon compositeur ». Dernièrement, il venait de signer la musique de la comédie musicale “Princesse Loire au pays des six rivières”, écrite par Fabienne Thibeault elle-même. Un projet poétique et ambitieux, porteur d’un souffle nouveau, preuve que Richard n’avait rien perdu de sa curiosité artistique, ni de son goût pour les jolies histoires
Richard Bonnot laisse derrière lui ses deux fils jumeaux, Oscar et Arthur, nés de son union avec Lucile Gaut, ancienne comédienne et chanteuse des Minikeums. À travers eux, c’est toute une lignée d’artistes qui se poursuit, entre musique, création et transmission.
L’annonce de son décès a été faite par Gérald Dahan, ami et complice de longue date, dans un communiqué empreint d’émotion : « C’est avec une immense tristesse que je vous annonce le décès de mon ami de 30 ans, complice de scène et pianiste Richard Bonnot. Artiste complet, auteur, compositeur, interprète et membre du groupe parodique Les Charlots. ».
Richard Bonnot restera dans la mémoire collective comme un artisan du rire et de la musique, un musicien de conviction plus que de carrière. De Montceau-les-Mines aux plateaux de télévision, des studios aux salles de classe, il aura joué chaque note avec sincérité, sans jamais trahir son amour du public. Et s’il fallait retenir une phrase pour l’accompagner, on choisirait sans doute celle de Victor Hugo :
« On passe la moitié de sa vie à attendre ceux qu’on aimera, et l’autre moitié à quitter ceux qu’on aime. »
À présent, Richard Bonnot a quitté la scène. Mais son écho, lui, continue de résonner comme un dernier refrain qui ne veut pas finir

