Ce mardi 25 novembre 2025, Biyouna, de son vrai nom Baya Bouzar, a tiré sa révérence. Le rideau est tombé définitivement sur une vie flamboyante, même sa lumière continue d’illuminer la scène
Humoriste, chanteuse, actrice, tornade d’énergie, muse rebelle et indomptable… elle laisse derrière elle un vide immense, un silence étrange, presque inconcevable pour celle dont le rire tonitruant semblait défier le temps
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C’est l’extinction d’une flamme qui éclairait depuis plus d’un demi-siècle la culture, méditerranéenne et francophone. Une femme libre, flamboyante, tendre et insolente, dont le talent débordait comme une mer jamais domptée. BIYOUNA est née le 13 septembre 1952 à Belcourt, quartier vibrant d’Alger, Biyouna a grandi dans une famille où l’art n’était pas un simple héritage : c’était un souffle, un langage, une évidence. Sa sœur, Leïla el Djazaïria, en était l’un des premiers phares. Avec Flifla, puis à la tête de sa propre formation, elle devient l’une des voix les plus demandées des mariages algérois.
C’est à 17 ans que celle-ci se produit déjà dans les cabarets de la capitale. Le réalisateur Mustapha Badie remarque ce diamant brut et lui offre le rôle de Fatma dans La Grande Maison ( Dar Essbitar), avec notamment Djamel Benhabilés (mon Papa)
Le public découvre alors ce mélange rare de pudeur, de force, de comédie instinctive et de vérité. Une comédienne habitée, forgée par l’audace. Après La Grande Maison, les rôles s’enchaînent : Leïla et les autres en 1978, La Voisine en 2000, puis de nombreux projets où son naturel désarmant aimante les regards. Son destin franchit la Méditerranée en 1999, lorsqu’elle tourne avec Nadir Moknèche dans Le Harem de Madame Osmane. Suivront Viva Laldjérie et surtout Délice Paloma
– INTERVIEW –
BIYOUNA
Dans ce dernier, elle campe une Madame Aldjeria inoubliable : séductrice, tragique, souveraine… un personnage qui, comme elle, ne ressemble à aucun autre. À la télévision, elle devient l’une des figures les plus aimées grâce à la série Nass Mlah City (2002-2005), véritable phénomène populaire. Sur les planches, elle impressionne dans La Célestine (2009) au Vingtième Théâtre à Paris. Partout où elle passe, elle avait ce pouvoir d’attraction. Elle dérange parfois. Elle ne laisse jamais indifférent. Une voix grave, chaude, vibrante : une signature, Biyouna ne parlait pas, elle racontait. Elle ne chantait pas, elle enchantait . En 2001, elle sort Raid Zone, premier album qui révèle sa puissance vocale
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Puis vient Une Blonde dans la Casbah, enregistré à Beyrouth, où elle revisite les grands classiques algériens, dont une version bouleversante de Bismillah. En 2011, elle prête ses chœurs à Julien Doré dans Bergman, preuve que son art n’avait pas de frontières.
Ces dernières années, elle avait retrouvé le public algérien grâce à plusieurs œuvres ramadanesques. Dans Edamma, diffusée sur l’ENTV, elle interprète Halima : une vieille femme fragile, presque muette. Plus de 4 millions de téléspectateurs suivent les premiers épisodes. Elle brille aussi dans la comédie avec Akhou El Banat, Skarkech ou Maicha fel good, prouvant qu’elle pouvait passer du rire aux larmes avec une grâce déconcertante.
Une femme libre qui contraste avec notre époque . Une âme immense. Une légende que nous avons reçu sur nos ondes. Biyouna n’était pas seulement une artiste. Elle était une attitude, une posture, une femme authentique, une vérité, une révolte tellement tendre. BIYOUNA était une femme qui disait ce qu’elle pensait, qui vivait comme elle l’entendait, qui ne s’excusait d’aucune de ses couleurs.
Elle a bousculé les normes, défié les étiquettes, ouvert des portes. Son rire résonnera encore longtemps. Sa voix, ses personnages, ses chansons continueront d’habiter les foyers, les cœurs, les mémoires. Elle laisse une trace indélébile. Une trace de liberté.un souffle de vérité. La mémoire d’une femme debout.
Que votre âme
repose en paix chère BIYOUNA,
merci pour tout…
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