Hier soir, je suis allée « EN THÉRAPIE ». Oui, directement. Sans rendez-vous Doctolib, et sans carte vitale, mais ça, c’est une autre histoire. Direction le Théâtre Libre à Paris pour découvrir En Thérapie, avec Francis Huster en figure de proue.
En Thérapie : mode d’emploi pour âmes fissurées
Autant être honnête : j’y suis allée avec une légère appréhension. Je me demandais si j’allais ressortir stimulée… ou légèrement épuisée.
Les premières minutes me donnent presque raison. Quelques longueurs, des noirs un peu mystérieux, on tâtonne, on cherche ses repères. Et puis, insidieusement, quelque chose se passe. On s’installe. On observe. On écoute. Et, sans prévenir, nous voilà propulsés dans le fauteuil du thérapeute

En Thérapie : Une pièce troublante sur les limites de ceux qui prétendent comprendre.
Car c’est là toute la force de la pièce : elle nous embarque dans ces face-à-face tendus où l’on ausculte des vies cabossées. On analyse, on juge un peu (beaucoup), on compatit. On voudrait intervenir, poser LA bonne question, sauver quelqu’un, comme si, en une heure trente, on avait validé un diplôme express en psychologie.
Et puis retournement subtil : celui qu’on pensait solide, presque intouchable, se fissure. Le thérapeute vacille. Ses certitudes se lézardent. Et soudain, ce n’est plus seulement le patient qui a besoin d’aide.
Une thérapie théâtrale qui questionne notre obsession du “mieux”
Dans une époque où chacun cherche à se comprendre, à se réparer, à “travailler sur soi” (expression devenue aussi courante que “prendre un café”), la pièce pose une question délicieusement inconfortable : et si ceux qui nous écoutent avaient eux aussi besoin d’être entendus ?
Le spectacle met en lumière une évidence qu’on préfère souvent ignorer : tous les thérapeutes ne se valent pas. Et surtout, ils ne sont pas des super-héros. Pas de cape, pas de bouclier, pas de perfection lisse. Juste des humains, avec leurs failles, parfois compatibles avec les nôtres, parfois dangereusement dissonantes

Une pièce qui gratte là où ça dérange vraiment
Et au milieu de ce jeu d’équilibristes émotionnel, Francis Huster impressionne. Juste, précis, habité. Il réussit ce tour de force d’incarner à la fois la maîtrise et la fragilité, l’écoute et la tempête intérieure. On le regarde autant qu’on le scrute.
À ses côtés, les comédiens brillent par leur justesse. Aucun faux pas, aucune surenchère. Juste de l’humain, brut, parfois inconfortable — donc parfaitement réussi.
On est tous le patient de quelqu’un
Alors oui, En thérapie n’est pas une pièce qui se livre immédiatement. Elle se mérite un peu. Elle nous déstabilise, nous questionne, nous renvoie à nous-mêmes, ce qui, avouons-le, est exactement ce qu’on attend… d’une bonne thérapie. Et au moment de sortir, une certitude : on n’est pas venu pour se divertir uniquement. On est venu pour se regarder. Et ça, c’est autrement plus dérangeant. Donc essentiel…
EN THÉRAPIE
Au Théâtre Libre
Du 02 au 26 Avril 2026
Du Mercredi au Dimanche
Artistes : Francis Huster, Raphaëlle Rousseau en alternance avec Salomé Scotto, Yann Gaël et Tess Laubergne.
Mise en scène : Charles Templon assisté de Félix Beaupérin
Billetterie : Points de vente habituels

