Avec Le Génie des Savants Arabes, Rachid Vegas fait entrer l’histoire des sciences sur scène. Entre humour documenté et esprit de vulgarisation, l’humoriste revisite l’âge d’or intellectuel du monde arabe du VIIᵉ au XIVᵉ siècle, et met en lumière des figures souvent oubliées.
Un spectacle qui interroge notre rapport au savoir tout en rappelant, avec finesse, la place centrale qu’ont occupée ces savants dans l’évolution des connaissances

INTERVIEW
Rachid Vegas
Djazia Ahrénds-Benhabilés: Comment est née l’idée de créer un stand-up entièrement dédié au génie des savants arabes? Est-ce un déclic personnel, culturel ou pédagogique ?
Rachid Vegas : En lisant un livre d’Ahmed Djebbar, grand mathématicien et ancien ministre de l’Éducation en Algérie, je me suis dit: « Allez, j’ose. ». Je lui ai écrit pour prendre un café et discuter de ses recherches… et franchement, il m’a énormément motivé.
Faire rire tout en transmettant du savoir scientifique et historique, est-ce plus difficile que le stand-up “classique” ? Où placez-vous le curseur entre humour et rigueur ?
Ce n’est pas plus difficile que ça. Chaque humoriste a son angle de vue, son univers, ses sujets.Au fond, le plus dur, c’est de trouver son style.Moi, le curseur, je le mets surtout dans le rythme : cinq phrases sérieuses, une vanne. Et je ne cherche pas l’éclat de rire, je cherche le sourire.
Votre spectacle couvre une période allant du VIIᵉ au XIVᵉ siècle : comment avez-vous sélectionné les figures et les thèmes abordés ?
J’ai choisi de travailler sur la période du 7ᵉ au 14ᵉ siècle. Le 7ᵉ siècle, parce que c’est le début de la révélation de l’islam. Le 14ᵉ, parce que c’est le début du déclin. Et il faut être honnête : après le 14ᵉ siècle… ça part un peu en cacahuètes, niveau science…

Vous travaillez également avec l’Éducation nationale.Que vous disent les enseignants et les élèves après avoir vu le spectacle ?
J’ai fait ma première ce samedi. Honnêtement, j’ai été très surpris par le retour des enfants : ils m’ont dit qu’ils avaient appris plein de choses. J’ai même eu des parents qui regrettaient de ne pas avoir ramené leurs enfants. Et au final, les enseignants aiment beaucoup ce format de vulgarisation de l’histoire.
Dans un contexte où les débats culturels sont parfois polarisés, votre spectacle se veut rassembleur.Est-ce aussi une forme d’engagement artistique ?
Mon engagement, c’est d’essayer de rester objectif, parce que je parle de science, de transmettre le savoir, et surtout de ne pas dénigrer la communauté maghrébine et musulmane.
Après “Le Génie des Savants Arabes”, avez-vous déjà en tête d’autres projets mêlant humour, histoire ou transmission du savoir ?
En parallèle, je prépare aussi des petites vidéos TikTok, chacune dédiée à un savant, dans un style manga
