Il y a des soirs où l’on pousse la porte d’un théâtre sans attente particulière, presque par curiosité. C’est exactement dans cet état d’esprit que je me suis rendue voir Pfiou Pfiou, la pièce signée Olivier Martinez, actuellement à l’affiche de La Scène Parisienne.
Dès l’entrée, une énergie inattendue flotte dans l’air, portée par les sons de The Strokes. Je m’installe, curieuse, mais encore un peu sur la réserve.
Une ouverture volontairement déroutante
Puis la pièce commence
Les premières minutes déconcertent : des personnages déguisés, une narration difficile à saisir…Pendant un quart d’heure, le doute s’installe. Et si l’on restait à distance ? Et si la promesse n’était pas tenue ?
Et puis, soudain, tout bascule
L’arrivée sur scène de Rachid ( rôle interprété par Maxime ) agit comme un déclencheur.
On comprend alors que ce flottement initial n’a rien d’un hasard : il fait partie intégrante de la mécanique imaginée par Olivier Martinez.
Une montée en puissance irrésistible
À partir de cet instant, Pfiou Pfiou devient un véritable feu d’artifice. Les scènes s’enchaînent à un rythme effréné, les situations explosent, et le rire devient irrépressible.
C’est pétillant, absurde, audacieux, brillamment interprété. On perd ses repères, et c’est précisément là que réside la magie.
L’absurde comme moteur
L’intrigue devient presque secondaire. On ne cherche plus à comprendre, mais à ressentir. Les personnages apparaissent, se révèlent, se croisent dans une joyeuse confusion. On se surprend à se demander : est-ce écrit ? est-ce improvisé ? Tant l’énergie semble brute, vivante, spontanée. Portée par la production d’Olivier Diaz, la pièce assume pleinement son audace : désorienter pour mieux rassembler.
Une énergie scénique contagieuse
Sur scène, les comédiens s’amusent autant que le public. Les fous rires circulent, traversent la salle, brisent le quatrième mur. On a l’impression d’assister à quelque chose d’unique, d’éphémère comme si chaque représentation était différente.
Des comédiennes « wouah »
Et comment ne pas saluer les comédiennes, absolument saisissantes, qui osent tout avec une liberté jubilatoire ? Elles plongent sans retenue dans l’absurde, repoussent les limites, et embarquent le public dans une folie délicieuse. Leur présence ne se contente pas d’accompagner la pièce : elle l’enveloppe, la fait vibrer, lui donne toute sa densité et sa générosité.

Bravo les filles !
Entre héritage et affirmation de soi
La présence de Laurent de Funès intrigue autant qu’elle touche. Héritier de Louis de Funès, il offre ce lien précieux avec une mémoire du théâtre et du cinéma qui nous est chère.
Mais au-delà de cet héritage, on est curieux de le voir affirmer pleinement sa propre identité artistique.
L’adhésion de la salle
À la sortie, les spectateurs échangent des regards complices. Tous s’accordent : oui, les quinze premières minutes déroutent… mais ensuite, quelle envolée !
Déjà fini ?
Lorsque les comédiens saluent, une seule pensée s’impose : déjà fini ? Une expérience plus qu’un récit
Pfiou Pfiou dépasse la simple narration. C’est une expérience. Une parenthèse de joie pure, portée par une troupe généreuse, engagée, profondément vivante

Une pièce à inscrire à son agenda
Dans une ville comme Paris, où l’offre théâtrale est foisonnante, il n’est jamais simple de choisir. Mais celle-ci mérite, sans hésitation, sa place dans votre agenda.
Parce que rire fait du bien. Parce que voir des comédiens prendre autant de plaisir sur scène est rare. Et parce que ce plaisir est profondément contagieux.
La pièce est à l’affiche jusqu’au 31 mai 2026, avant de partir en tournée.
Un conseil : ne la ratez pas.
Vous en sortirez avec le sourire… et l’envie d’y retourner.
« Pfiou Pfiou »
La Scène Parisienne
jusqu’au 31 mai 2026
Mise en scène : Olivier Martinez
Avec : Laurent de Funès, Maxime, Olivier Martinez, Jessica Mompiou, Gilbert Diaz, Delphine Saroli
